La sélection au cours des siècles.
Les formes sauvages (Musa acuminata et Musa balbisiana) dont toutes les formes cultivées ont été dérivées, se rencontrent encore en Malaisie. Leur domestication date de plusieurs siècles avant notre ère. Très rapidement, le bananier fut répandu dans toutes les régions tropicales et subtropicales. Les bananes que nous consommons aujourd'hui possèdent donc des gènes qui proviennent de ces deux espèces. Elles sont le résultat de centaines d'années de sélection, une sorte de biotechnologie avant la lettre. De nos jours, cette sélection se poursuit. Au laboratoire des Cultures Tropicales de la K.U.Leuven dirigé par le professeur Swennen, des techniques biotechnologiques modernes ont permis de créer de nouvelles races plus résistantes aux infections de champignons. Ce laboratoire héberge une grande banque de gènes de bananiers.
La plante
Bien que le bananier puisse atteindre une taille relativement grande (9 m), ce n'est pas un arbre. En effet, il ne forme pas un tronc ligneux. Ce que nous appelons à tort le tronc est en réalité formé par les pétioles des feuilles. Ceux-ci se recouvrent partiellement et constituent une structure portante, un "faux tronc". Les pétioles portent à leur extrémité un grand limbe allongé avec au centre une nervure médiane. Les feuilles peuvent atteindre 4 m de long et 1 m de large. La tige du bananier est très courte et entièrement souterraine. Elle porte une masse importante de racines longues et fines, situées juste sous la surface du sol.
Fleurir, puis mourir
Après environ un an et demi, le bananier est capable de fleurir. La tige souterraine forme alors une inflorescence qui se développe au travers du "faux-tronc" creux pour apparaître au centre des feuilles. Au début, l'inflorescence est dressée mais, sous l'effet du poids, elle va rapidement devenir pendante. Les fleurs qui apparaissent à l'extrémité de l'inflorescence (donc en-dessous) sont mâles, celles situées plus vers le début de l'axe (donc au-dessus) sont femelles. Ces dernières vont donner naissance aux bananes. Entre les fleurs mâles et les femelles, il peut encore y avoir des fleurs stériles. Sur l'axe de l'inflorescence, les fleurs sont implantées en plusieurs rangées doubles transversales. Chaque rangée double est protégée par une bractée pourpre. Chaque jour, une bractée va s'enrouler et tomber, libérant ainsi les fleurs qui pourront être pollinisées. Les fleurs fécondées donneront naissance aux fruits. Dans la nature, ce sont les chauves-souris qui assurent la pollinisation. Chaque régime peut comporter jusqu'à 200 fruits. Les bananes sont généralement vendues sous forme de "mains", correspondant chacune à une double rangée de fleurs femelles. Les variétés actuelles de bananiers forment des fruits sans qu'il n'y ait eu de fécondation; elles sont dites parthénocarpiques. Elles ne contiennent donc pas de graines, contrairement aux variétés sauvages dont les fruits sont entièrement remplis de graines anguleuses dures. Après la floraison, le bananier meurt, mais en même temps, la tige souterraine forme des rejets latéraux. Ce sont ceux-ci qui reforment de nouvelles plantes.
A cultiver chez soi
Parmi les bananiers comestibles, seul le bananier nain, Musa acuminata cv. 'Dwarf Cavendish' se prête facilement à être cultivé chez soi. Cette variété reste relativement petite, 2 m au maximum. La plante demande beaucoup d'eau, beaucoup de nourriture, une forte humidité atmosphérique et beaucoup de lumière. Le bananier nain n'est pas trop sensible aux basses températures et supporte jusqu'à un minimum de 10° C durant l'hiver. D'autres bananiers sauvages peuvent être cultivés de la même manière. Musa textilis (qui fournit des fibres textiles) et M. basjoo conviennent à une serre de petite dimension.
Littérature
Jenuwein, H. (1988) Avocado, Banana, Coffee. How to grow useful exotic plants for fun. British Museum Natural History.
Pijpers, D., Constant, J.G.& Jansen, K. (1985) Fruit uit alle windstreken. Het Spectrum.
Purseglove, J.W. (1972) Tropical crops : Monocotyledons. Longman.
Verheij, E.W.M., Coronel, R.E. (eds) (1991) Plant resources of South-East Asia vol. 2 Edible fruits and nuts. Pudoc Wageningen.